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La Guinée en quête de financements pour faire fructifier ses ressources

Economie

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La Guinée en quête de financements pour faire fructifier ses ressources

La Banque mondiale se penche ce jeudi à Paris sur les difficultés de ce pays pauvre d'Afrique, dont les besoins de financement sont considérables pour multiplier la valeur de sa production agricole ou de bauxite.

La Guinée était jadis le principal exportateur mondial d'ananas, « elle n'en a pas vendu une tonne à l'étranger l'an dernier », peste dans sa plantation Moussa Camara, président de la fédération des planteurs d'ananas de Basse Guinée. Tandis qu'à quelques heures de routes défoncées de là un barrage hydroélectrique en construction est censé contribuer à la réduction des coupures de courant, quasi quotidiennes dans ce pays pourtant surnommé « le château d'eau de l'Afrique occidentale ».

La Guinée, sujet de la réunion du Comité consultatif de la Banque mondiale, jeudi et vendredi à Paris, qui rassemble les principaux bailleurs de fonds internationaux publics ou privés, fait partie de ces nombreux pays africains riches mais à population pauvre. Elle détient le quart des réserves de bauxite de la planète, de gisements d'or et de diamants, de terres fertiles, mais l'équivalent du SMIC n'y dépasse pas 50 dollars par mois. La majorité de ses 12 millions d'habitants figure parmi les plus pauvres de la planète.

Un paradoxe dû à un climat des affaires difficile ; la Guinée figure au 150e rang du classement mondial Doing Business, souligne Rachidi Radji, en charge du pays à la Banque mondiale. Et, surtout, la construction d'infrastructures à fort effet de levier, énergie et routes, mais aussi écoles, assainissement d'eau et dispensaires de santé, manque de financements.

La résurrection de l'ananas

« Nous avons besoin de 14 milliards de dollars », estime Sylvain Degbe, du ministère du Plan et de la coopération internationale. Qui détaille 50 projets prioritaires prêts à démarrer, notamment dans l'agriculture. Cette dernière est sinistrée par des années de sous investissements et l'épidémie d'Ebola de 2014. La production d'ananas est toutefois repartie grâce à un plan de subventions d'engrais et de semences. Problème, le manque de banques spécialisées dans l'agriculture et les taux d'intérêt avoisinant les 40 %...  

Un approvisionnement énergétique régulier vital

Autre secteur où le manque de crédit provoque un beau gâchis ; la bauxite, vendue 13 dollars la tonne, alors que l'alumine qui en est tirée est vendue 300 dollars et l'aluminium jusqu'à 3.000 dollars. « La Guinée aurait tout intérêt à transformer sa bauxite sur place pour monter dans la chaîne de valeur », reconnaît un ingénieur sur le vaste site de Guinea Aluminia Corp, qui vient de confier l'exploitation d'une mine à Bouygues.

Mais la production d'aluminium est très gourmande en énergie. « Le potentiel hydroélectrique du pays est de 6.000 MW, mais il n'est exploité qu'à 10 % », estime Rachidi Radji, qui se dit toutefois optimiste au vu de la croissance de 6 % cette année et en 2016, et du vote d'une loi sur les partenariats public privé.

La construction de barrages a un fort impact sur l'approvisionnement énergétique mais aussi sur l'emploi local. Les Chinois en charge des chantiers, ici comme ailleurs en Afrique, commencent d'ailleurs à changer leur mode de fonctionnement, avec approvisionnements et  embauches de plus en plus locale . Sans pourtant renoncer à leurs ineffables aphorismes, comme ce « la procédure est la vie d'un travail et la responsabilité son âme » inscrit dans la salle de contrôle des turbines du barrage de Kaleta...

Yves Bourdillon - leechos.fr

Le 16 novembre 2017


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